9juin721

07/06/2012

(J-2) Bataille de Toulouse du 9 juin 721 contre les sarrasins

Filed under: Histoire — 9juin721 @ 12:25

Racontée par le duc Eudes d’Aquitaine sous la plume de Gilbert Sincyr

Précédemment…

Bataille de Toulouse du 9 juin 721 contre les sarrasins

Les capitaines à qui je confie le commandement, sous l’autorité de mon fils Hunald, ont toute ma confiance. Et en laissant mes enfants au milieu d’eux, je leur prouve ma volonté de revenir au plus tôt. »

Je donnai toutes les consignes nécessaires de vigilance, de prudence et de détermination, et pour faire durer les vivres au maximum. Je dis aussi de laisser flotter la croix de Toulouse au donjon, de façon à ce que mon départ ne soit pas connu. Enfin je fixai rendez vous à tout le monde en avril au plus tard et je partis avec cinq officiers à toute épreuve. En trois jours nous étions à Agen, avec Lantelmet.

J’expliquai à mon ami, qu’il ne fallait pas jouer au fanfaron, et qu’il devait maîtriser sa fougue. Actuellement les Sarrasins étaient beaucoup trop forts, et il ne fallait pas aller les chatouiller. Par contre il allait m’être utile, en préparant le rassemblement de tous les comtes, vicomtes, barons et chevaliers du royaume avec leurs hommes d’armes, et pour ce faire je lui remis un ban, lui permettant de lever des troupes.


« Mets au point des relais, demande à Raimon, Bernard et Trencavel de t’aider. Roger vient avec moi. Quand je rentrerai il me faudra le maximum de troupes, d’armes et de chevaux. Je pense que je serai de retour vers le mois d’avril, mais je ne sais pas si je redescendrai par ici ou par Cahors. De toute façon c’est à Montauban que nous devrons nous rassembler, et c’est donc là que je te retrouverai. Je compte sur toi, car je ne sais pas combien de troupes j’aurai, alors que la bataille sera décisive. Ou nous l’emporterons, ou Toulouse sera occupée et la Gaule en danger, car nous aurons jeté toutes nos forces dans cette guerre.


Souhaite-moi bonne chance Lantelmet, je vais en avoir besoin. »

Nous sommes arrivés à Lutèce à la mi-février, après un voyage épouvantable, par un froid de canard. Et je fus reçu par Chilpéric. Après nous être réconfortés pendant deux jours, j’insistai auprès de mon cousin pour obtenir une aide au maximum de ses possibilités. Et avec ses recommandations je me rendis en Bourgogne puis en Neustrie, mais je n’ai pas voulu aller en Austrasie, de crainte que Charles ne trame un coup tordu, et qu’il m’arrive un accident. Les Austrasiens contactés par émissaires ne furent pas intéressés, car Charles ne voulait rien savoir. Par contre les Neustriens, influencés par Chilpéric qui était de chez eux, puis les Bourguignons qui n’aimaient pas Charles, se joignirent à la troupe. Et une armée d’environ 3000 hommes se constitua, et descendit vers le midi, sous mon commandement, secondé par Roger. Mais tous mes déplacements, et toutes les rencontres qui m’avaient été nécessaires avaient pris plus de temps que prévu, et je ne pus partir que vers la mi-avril, soit avec un bon mois de retard. Mais je ne cessais de songer à ma chère Toulouse, dans les griffes des Sarrasins, et je me faisais beaucoup de soucis sur l’état de la population, et des fortifications.

Les chroniqueurs parlent de ce voyage d’une façon un peu légère, mais comme je la trouve plaisante, je vais vous lire leur parchemin

pièce de monnaie mérovingienne« Nous étions encore en avril, et la troupe était heureuse de s’avancer vers le beau temps, car souvent les chemins dans les terres basses, étaient encore gorgés d’eau. Il soufflait tous les jours une aigre bise qui agaçait les chevaux, mais nous approchions, et le ciel se faisait plus léger Après la messe du matin que l’on écoutait à moitié endormis, on remontait sur les chevaux, et l’on se laissait secouer, avec dans la bouche des remontées de la soupe d’orge que l’on avait avalée avant de partir. Puis, le soleil aidant, des chansons de route nous montaient aux lèvres, et quand quelques lavanhaira, a cops de batedor tustava lo linge de la bugada1, penchées à genoux au bord de l’eau, nous laissant voir un éclat de peau blanche à la pliure d’un genou, entre la jupe et le mi-bas, en nous tournant une croupe bien pleine, certains, et non des moindres, se demandaient si leurs derrières tendus, et leurs petits cons fendus, étaient aussi doux et confortables qu’ils l’imaginaient, et des idées vagabondes leur mettaient le coeur en fête, et la bragueta enflama2. D’autres fois, nous croisions quelques filles du midi moins le quart, les yeux noirs piquants, le corsage rempli et les lèvres bien rouges, et les hommes s’encourageaient entre eux : « La fagas pas languir, vai-la embrasas ! »3, mais les officiers de chez nous le déconseillaient en nous criant: « Arrestada de fatorgas »4, car disaient-ils, vous allez attraper le mauvais mal sarrasin ». Et tout le monde riait, et les journées s’écoulaient, animées de temps en temps par une petite chamaillerie de moineaux entre deux compères, qui voulaient se passer le temps. Enfin, on s’arrêtait pour le soir, et l’on contemplait attendris les derniers rayons d’un soleil, qui nous regardait l’oeil bien rouge, tombant de sommeil lui aussi.


Et parfois, la nuit descendue, nous regardions en silence le feu qui lançait quelques étincelles vers la lune, comme pour la taquiner, alors que celle-ci de son regard blafard, s’inquiétait de se voir si pâle dans les flaques d’eau qui lui servaient de miroir. »

pièce de monnaie mérovingienneTrois semaines avant notre arrivée, j’envoyai un groupe de cinq cavaliers à Montauban. Ils devaient prévenir Lantelmet de notre arrivée, et qu’il convenait de regrouper toutes nos forces, qui devaient nous attendre éparpillées un peu partout.

Puis ce fut Cahors, et nous sûmes que nous avions fini de chanter, et que nous allions vers cette vilaine affaire. Vers le Pech Merle, à environ quatre lieues de Cahors, nous avons traversé un petit ru du nom de Célé, et nous avons interrogé un vieillard dépenaillé, qui ramassait un peu d’herbe pour ses lapins

– Oh là l’ami. As-tu entendu parler de Sarrasins par ici ?

– Non, répondit-il d’une voix éraillée, mais j’ai entendu dire qu’il y a quelques jours, une bande de Maures était passée du côté de Cahors, et qu’ils étaient remontés vers Toulouse.

Bigre, ainsi des Sarrasins se baladaient en campagne. Aussitôt nous envoyâmes deux corps d’éclaireurs vers la ville, pour patrouiller dans le secteur. Mais ils revinrent bredouilles, n’ayant rien appris, ni aperçu. Mais nous avons continué à longer le cours de la baïsa, pour éviter les chemins fréquentés, quoique nos chevaux n’aimassent pas enfoncer leurs sabots dans l’eau marécageuse des bordures, qui pourtant leur rafraîchissait les pattes. Et c’est ainsi que, cahin-caha, sans nous faire trop repérer, nous sommes arrivés à Montauban où nous attendait Lantelmet avec toute la noblesse du royaume, un important contingent des Basques de Gascogne, et mes fidèles Raimon, Bernard, et Trencavel. Mais nous avions plus d’un mois de retard par rapport à mes prévisions, et je me faisais beaucoup de soucis pour Toulouse.

Après le plaisir des retrouvailles, je demandai aussitôt au comte, s’il avait des nouvelles de ma ville. Il en avait.

A suivre…

1 et quand quelques belles, a coups de battoir frappaient le linge de la lessive
2 et la braguette en feu.
3 « Ne la fais pas languir, va l’embrasser ! »
4 « Arrêtez vos conneries »

 

L’Appel du 9 juin

Évènement public · Par L’Oustal – la maison de l’Identité ToulousaineL'appel du 9 juin, journée de la fierté toulousaine

Samedi 9 juin 2012 – dès 16h

A L’OUSTAL, Toulouse – 36 allée de Barcelonne

« L’APPEL DU 9 JUIN »

Le samedi 9 juin 2012, l’OUSTAL, foyer Identitaire, ouvrira ses portes à partir de 15 heures afin de commémorer la bataille du 9 juin 721 et rendre hommage au duc Eudes d’Aquitaine qui écrasa les « Mohamed Merah«  aux portes de Toulouse.
Que ce soit au VIII° siècle, ou au début du XX° siècle, c’est un même esprit de résistance qui transcende Toulouse.

Ce 9 juin 2012, ce sera le grand rassemblement du Sud Ouest : Castres, Pau, Bayonne et Bordeaux ont ainsi répondu présent à l’invitation des toulousains.

Au programme ? Conférences sur les révoltes languedociennes, grillades, chants Occitans et rencontre avec les responsables et militants.

Parce que les valeurs de « Paratge e convivéncia » (partage et convivialité) doivent retrouver leur vraie place…

9 juin 721, souviens-toi ! Toulouse en première ligne

14 ans de prison requis contre les violeurs de Julie. L’avocat général a requis ce jeudi au moins 14 ans de prison à l’encontre des trois Turcs mis en examen pour des viols aggravés commis sur Julie, 14 ans, dont l’histoire avait ému la France entière durant l’été 2009.

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